Ne vous trompez pas d'objectif sur les réseaux sociaux !
- Patrick Pardo

- il y a 5 jours
- 4 min de lecture

Chaque matin, je vois des centaines d'indépendants publier une photo, une vidéo ou quelques lignes, puis attendre. Attendre qu'un client tombe du ciel, qu'un algorithme fasse leur travail ou qu'un post devienne miraculeusement viral. Et lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, ils concluent que les réseaux sociaux ne fonctionnent pas.
Cette manière de voir les choses me surprendra toujours. Comment peut-on sérieusement penser qu'une entreprise se développe de cette façon ? Depuis quand publier du contenu est-il devenu un modèle économique ? Depuis quand un post est-il censé remplacer une stratégie, un plan d'action ou un véritable développement commercial ?
Pour moi, c'est exactement ce qui différencie une personne qui exerce une activité d'une personne qui dirige une entreprise. Beaucoup créent une société et se donnent le titre d'entrepreneur. En revanche, très peu raisonnent réellement comme des chefs d'entreprise. Ils passent énormément de temps à produire du contenu, à surveiller leurs statistiques ou à chercher le sujet parfait pour leur prochaine publication, mais très peu sont capables d'expliquer précisément comment ils comptent atteindre leur objectif de chiffre d'affaires.
Évidemment qu'aujourd'hui il faut être présent sur les réseaux sociaux. Évidemment qu'il faut un profil crédible, des publications régulières et un contenu de qualité. C'est devenu indispensable. Mais croire que cela suffit est une erreur monumentale. Les réseaux sociaux ne sont qu'un levier parmi d'autres. Ils ne remplacent ni une stratégie commerciale, ni un modèle économique, ni une vision claire de votre activité.
Le véritable travail commence lorsque vous prenez une feuille, un stylo et que vous construisez votre entreprise à l'envers.
Vous partez d'abord de votre objectif annuel de chiffre d'affaires.
Vous déterminez ensuite le nombre de clients nécessaires pour atteindre cet objectif.
Puis vous calculez votre panier moyen, votre taux de transformation, le nombre de rendez-vous qu'il vous faut réaliser, le volume de prospects que vous devez rencontrer et, enfin, le nombre de nouvelles personnes avec lesquelles vous devez entrer en contact chaque mois.
À partir de ce moment-là, tout devient beaucoup plus simple.
Vous ne travaillez plus au hasard.
Vous ne prenez plus vos décisions en fonction de votre humeur.
Vous ne mesurez plus votre réussite au nombre de likes obtenus sous votre dernière publication.
Vous pilotez votre activité avec des indicateurs concrets.
Avec Patrick Pardo (mon associé), nous savons précisément où nous allons. Pour accompagner environ 300 entrepreneurs par an, nous savons que nous devons échanger avec près de 7 200 nouvelles personnes, soit environ 600 nouveaux contacts chaque mois. Nous savons également qu'une grande partie ne donnera jamais suite, qu'une autre ne sera pas prête au bon moment et que seules certaines deviendront clientes.
Et c'est parfaitement normal.
Nous ne construisons pas notre entreprise sur l'espoir.
Nous la construisons sur des probabilités.
Nous savons que chaque échange ne débouchera pas sur une vente. En revanche, nous savons aussi qu'en répétant suffisamment les bonnes actions, les résultats finissent toujours par arriver.
C'est précisément là que je vois la plus grande erreur des indépendants.
Ils passent parfois trois heures à chercher quoi publier le lendemain.
Ils débattent pendant des jours du meilleur horaire de publication.
Ils changent sans cesse leur photo de profil, leurs couleurs, leur slogan ou leur biographie.
Mais lorsqu'on leur pose une question pourtant essentielle, ils sont incapables d'y répondre.
Combien de nouvelles personnes devez-vous rencontrer chaque mois pour atteindre votre objectif de chiffre d'affaires ?
Le silence est souvent la seule réponse.
Pourtant, c'est cette question qui devrait guider chacune de vos journées.
Parce qu'une entreprise ne se pilote pas avec des impressions.
Elle ne se pilote pas avec des intuitions.
Elle ne se pilote pas avec des statistiques de visibilité.
Elle se pilote avec des chiffres.
Si vous êtes conseiller immobilier, artisan, consultant, coach, commerçant ou indépendant, oubliez un instant les vues, les likes, les commentaires et le nombre d'abonnés.
Commencez par calculer le nombre de nouvelles personnes avec lesquelles vous devez réellement entrer en contact chaque mois.
Peut-être 50.
Peut-être 100.
Peut-être 200.
Peu importe.
Ce chiffre deviendra votre véritable indicateur de performance.
Ensuite, utilisez tous les leviers à votre disposition pour atteindre cet objectif : les réseaux sociaux, les recommandations, les événements, les appels, les partenariats, les e-mails, les conférences, les visites, les rencontres ou toute autre action susceptible de créer des opportunités.
Les réseaux sociaux ne doivent pas être votre stratégie.
Ils doivent être un accélérateur de votre stratégie.
Ils ne sont pas là pour trouver des clients à votre place.
Ils sont là pour rendre crédible la personne que vous êtes lorsque vous allez provoquer les bonnes rencontres.
La différence est immense.
Les premiers publient puis attendent.
Les seconds publient, prospectent, rencontrent, relancent, analysent leurs chiffres et recommencent.
Les premiers espèrent que leur prochain post changera leur vie.
Les seconds savent que ce sont les actions qu'ils répètent chaque jour qui finissent toujours par transformer leur entreprise.
Le succès n'est presque jamais le fruit d'une publication virale.
Il est le résultat d'un système solide, de chiffres maîtrisés et d'une discipline quotidienne.
C'est cette différence qui, au fil des mois, sépare ceux qui subissent leur activité de ceux qui construisent une véritable entreprise.



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