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Florence Guillotel : « On ne peut être performant que si l’on prend soin de soi »

Dernière mise à jour : 18 janv. 2022



Le bien-être est capital. Sans lui, on risque de ne pas réaliser ses projets. Florence Guillotel a très tôt dans sa vie compris cet aspect et a décidé d’en faire son métier. Enseignante en grande école, elle a toujours étudié pour partager des notions clés et créer son propre concept avec Loic Guiffan : « Balance de vie et ses 7 plateaux pour un équilibre corps-esprit ». Dans cet entretien, Florence a accepté de parler de ce concept et du bien-être dans l’entrepreneuriat, trop souvent oublié.


Bonjour Florence, peux-tu te présenter en quelques mots ? Nous parler de ton parcours notamment ?


Je m’appelle Florence Guillotel, j’ai 55 ans et deux enfants. Je suis actuellement en break, mais avant j’enseignais dans une grande école de commerce l’expression de soi, la gestion du stress, l’équilibre de vie, tout ce qui est en rapport avec l’assertivité et aussi le bien-être, la prévention santé. J’accompagne ainsi des managers, des entrepreneurs, des futurs coachs et futurs chefs d’équipe puisque j’ai un parcours professionnel et de formations où je relie en permanence le corps et l’esprit. J’ai fait des études de STAPS et de management, j’ai donc un double cursus. Dans la lignée de STAPS, j’ai aussi étudié les neurosciences et la méditation en médecine. J’ai également suivi des formations en préférences motrices et cognitives- préparation mentale. En ce qui concerne la partie management et gestion de projet, j’ai poussé mes connaissances jusqu’à une formation de coach car il me semblait essentiel que j’aille encore plus loin sur cette partie psychologie que j’avais gouté en STAPS. J’ai toujours suivi des formations où j’allie le cœur, le corps et l’esprit. Et je le partage.


« Quand on est ambitieux, que l’on veut une vie bien pleine, il faut vraiment être en équilibre santé. »


Pourquoi avoir décidé de t’intéresser au bien-être et de l’enseigner ?


Si j’avais continué à faire comme je faisais à 20 ans, je ne serais pas comme je suis aujourd’hui à 55 ans. J’ai eu une chance inouïe de rencontrer dans mon parcours en STAPS, donc très tôt, Jean-Pierre Turblin qui est encore un grand ami et un mentor. Il m’a donné des cours et tout mon corps et ma tête me disaient que c’était la voie. La voie du milieu en fin de compte, le Médiété. On ne peut être performant que si l’on prend soin de soi, que l’on se met dans l’harmonie et l’équilibre. Quand on veut toujours être dans l’excellence, on est plus à risque.


Après avoir formé des coachs sportifs, je voulais faire comme Jean-Pierre Turblin mais avec des personnes qui étaient plus dans une performance cérébrale, donc coupés du corps, et non l’inverse comme peuvent l’être les sportifs. Souvent en école de commerce comme dans l’entrepreneuriat ou le salariat, il y a beaucoup de pression, il faut des résultats. Je trouvais que j’étais à ma place en développant des cours, qui n’existaient pas avant d’ailleurs, sur la gestion du stress en passant par le corps, le cœur et l’esprit – intelligence émotionnelle et intelligence interpersonnelle.


Donc cet intérêt pour le bien-être émane d’abord d’un besoin personnel. J’ai senti au plus profond de moi que si je continuais comme je fonctionnais jeune je n’arriverais pas à réaliser tous les projets de vie que je souhaitais réaliser : créer une famille, être responsable de projets et d’évènements, continuer à danser et découvrir d’autres sports, toujours étudier, vivre des moments d’authenticité, de joie avec les autres. Quand on est ambitieux, que l’on veut une vie bien pleine, il faut vraiment être en équilibre santé. Le corps a physiologiquement besoin d’équilibre. Il existe 7 grands plateaux d’équilibre physiologique qu’il faut respecter.



Quels sont ces 7 plateaux d’équilibre ?


Beaucoup parlent de 5 plateaux, de 3 plateaux ou encore 4. Avec Loïc Guiffan qui a fait ses études avec moi, nous avons monté un concept qui s’appelle « Balance de vie et ses 7 plateaux pour un équilibre corps-esprit ». On part donc de la physiologie, le premier plateau est « respirer ». Si l’on ne respire pas au bout de 5 minutes on meurt (rires). Les deux suivants sont « boire et se reposer ». Idem, si on ne boit pas et qu’on ne dort pas pendant quelques jours, on s’éteint. Viennent ensuite « bouger et manger », là il est questions de semaines. Enfin, si on n’est pas en « interaction avec la nature et autrui » pendant plusieurs mois, pareil, on va toucher à la maladie, mourir. Ces 7 plateaux interagissent les uns avec les autres, ils fonctionnent tous ensemble. Il n’y a pas de séparation.


Comment enseignez-vous ce concept de « Balance de vie et ses 7 plateaux pour un équilibre corps-esprit » ?


C’est un concept systémique. Quand nous l’enseignons avec Loïc, on parle de comportements pour chaque plateau : Qu’est-ce qu’un bon comportement sur le plateau respiration ? Un comportement à risque pour ce dernier ?


Donc pour chaque plateau chacun va identifier ses comportements, faire son propre diagnostic comportemental. Si vous avez plein de comportements à risques, il est difficile de changer. On sait qu’on ne peut pas les changer tous d’un coup. C’est d’ailleurs démontrer qu'en neurosciences, il faut 21 jours pour changer, par exemple arrêter de fumer ou diminuer un peu le sucre, faire dix minutes de méditation par jour ... On peut donc se faire son propre programme en fonction de nos propres besoins et motivations, il suffit juste de s’intéresser à ces 7 plateaux.


Cela étant, je ne suis pas dogmatique. Avoir les 7 plateaux bien équilibrés c’est top, cependant avoir un léger déséquilibre dans 1 ou 2 n’a rien de dramatique. Ce qui est embêtant c’est quand 5 ou 6 sont instables. Parfois ça ne peut être que de petits déséquilibres sur chaque plateau, ce n’est pas grave.


Enfin, je profile les élèves en préférences motrices, qui est le pendant corporel du MBTI. Chacun est différent. À chaque fin de cours, l’élève ressort avec des outils personnalisés pour se mettre en équilibre en fonction de ses préférences motrices. Ce que j’aime c’est de m’adapter à l’autre, aux autres.


« Si notre corps et notre esprit sont alignés, alors on prendra les bonnes décisions. »


Quels sont les bienfaits d’être en équilibre et d’en prendre conscience ?


Cela va faire vivre à l’endroit des personnes qui vivaient à l’envers. Par exemple, cette personne se réveillera en forme au lever du jour et sera fatiguée le soir, elle s’endormira facilement pour une nuit complète. Elle ne sera pas coupée du rythme naturel. La majorité des gens aujourd’hui vivent à l’envers : ils sont fatigués en se levant et ils pètent le feu le soir. Du coup, si notre corps et notre esprit sont alignés, alors on prendra les bonnes décisions. L’individu sera moins anxieux, il doutera moins, il sera beaucoup plus ouvert aux autres et les sentira (intuition). S’il y a des bons comportements sur ces 7 plateaux, en tenant compte de ce qui nous motive et de ce que l’on aime, on a de la vitalité ou on la retrouve.


Je tiens tout de même à rappeler que se faire plaisir est capital. Cela ne sert à rien de faire 36 changements si l’on n’a pas de comportements qui sont du bon côté, ça ne marche pas. C’est la méthode Kaizen, que j’associe aux 7 plateaux : la méthode des petits pas. On est à l’écoute de ses ressentis, si je suis en forme je vais faire une plus grosse séance de sport par exemple. À l’inverse, si je ne suis pas trop en forme, je vais réduire, être à l’écoute de mon corps pour garder vraiment le plaisir de faire les choses. Quand on écoute notre corps, il nous remercie.


Que risque un entrepreneur qui ne prend pas soin de lui et qui ne prend pas conscience de cet équilibre ?


Il aura à un moment donné un gros problème et il remettra de l’équilibre. Grâce au système d’homéostasie, notre corps se rééquilibre de lui-même. Nous créons des déséquilibres tous les jours, mais lui a tout pour se rééquilibrer. C’est quand, pendant des mois et des mois que l’on ne respecte pas de bouger dans la nature, de se reposer, de bien boire, d’avoir des relations bienveillantes et harmonieuses avec les autres, un jour on explose. C’est ce que l’on voit avec les burn-out, des maladies chroniques tôt vers la trentaine alors que nos ancêtres les avaient à 70 ans, des maladies auto-immunes. Donc l’entrepreneur risque que son entreprise ferme en fin de compte. Certains ont besoin de ces états d’alerte pour comprendre et être vigilants. C’est leur chemin.


Il est capital de rester bien en soi, bien sentir, bien ancré et d’avoir un autre rapport au temps. Dans cette société d’urgence on peut regarder autrement. Les bouddhistes disent qu’il faut 1000 jours pour changer un comportement. Tout est possible, j’ai vu des gens commencer le sport à la retraite. On peut opérer un changement à tout moment.

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